Valeur écologie
Les invités et les
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Serge lepeltier - Président de Valeur écologie
SERGE LEPELTIER
Président de Valeur écologie
Ancien Ministre de l’Ecologie
et du Développement Durable

S’il fallait résumer le principal objectif du Gouvernement auquel j’ai eu l’honneur d’appartenir, cela pourrait être ainsi : « Réconcilier Ecologie et Economie ».

En effet, au cours du XIXème siècle et de la plus grande partie du XXème siècle, le développement économique s’est fait contre l’Ecologie. Le développement économique devant se poursuivre ( qui oserait penser que nous accepterions de ne plus nous développer voire de régresser ? Ce serait une vision idéologique qui tomberait dès sa confrontation aux réalités), nous devons faire preuve d’ingéniosité pour concilier ces deux domaines.

 

La Tribune, le 10 octobre 2006

Tribune de Serge LEPELTIER parue le 10 octobre 2006

Une essence verte peut en cacher une autre

 

 

L’écologie est aujourd’hui dans tous les discours. Elle vient conforter voire justifier telle ou telle décision. Mais ceci ne répond souvent à aucune logique environnementale et peut même aller à l’encontre d’une véritable politique écologique. Au moment où les enjeux sont immenses face au réchauffement climatique et à la perte de biodiversité, il y a là un véritable danger car on utilise de faux arguments qui nous entraînent vers de fausses bonnes idées.

 

Deux exemples récents nous le démontrent. Le premier concerne le projet d’ouverture d’une mine de charbon dans le sud de la Nièvre. On met l’écologie à contribution en parlant de charbon propre. Or le charbon propre, ca n’existe pas. De quoi s’agit-il ? Le charbon apporte deux formes de nuisance : la pollution de l’air et la contribution au réchauffement climatique. Si la pollution de l’air peut être largement diminuée grâce à de nouveaux process de production, et c’est pour cela qu’on parle de charbon propre , le charbon reste l’énergie qui contribue le plus au changement climatique. Il émet 50% de plus de gaz carbonique que le pétrole et 100% de plus que le gaz. On nous parle de séquestration du carbone. Aujourd’hui, ca n’existe pas. Ill y a des recherches mais elles ne sont pas stabilisées et les risques restent immenses.

 

C’est pourquoi on ne peut pas avoir signé le protocole de Kyoto et envisager aujourd’hui d’ouvrir une mine de charbon. Ce serait le pire signe anti-écologique donné par la France sur le plan international. Comment demander à la Chine de limiter ses émissions de gaz à effet de serre et donc d’assurer sa croissance sur une énergie autre que le charbon alors que nous ne sommes plus producteurs de charbon et que nous déciderions d’ouvrir une nouvelle mine ? Comment expliquer aux entreprises industrielles que d’un côté on les oblige à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en autorisant d’une mine de charbon ?

 

Le deuxième exemple est le projet de développement des biocarburants en France. Le gouvernement vient d’annoncer le lancement de pompes vertes à bioéthanol partout sur le territoire français semblant par là faire un grand pas en faveur des biocarburants. Personne ne semble avoir relevé le changement de cap par rapport à ce qui avait été annoncé par le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin en ma présence en tant que ministre de l’écologie et en la présence du ministre de l’Agriculture le 7 septembre 2004 à Venette près de Compiègne. L’objectif était alors de porter à 5,75% la consommation de biocarburants en 2010.

 

Cette objectif a été porté à 5,75% en 2008, 7% en 2010, et 10% en 2015 par le Premier Ministre Dominique de Villepin, le 13 septembre 2005 à Rennes, en pleine crise de flambée des cours du pétrole. Mais il s’agissait alors de mélanger le carburant traditionnel (essence ou diesel) avec du biocarburants en le portant progressivement au taux souhaité, ce taux pouvant être atteint soit par obligation faite aux sociétés pétrolières distributrices d’inclure un tel pourcentage dans les carburants vendus, soit par défiscalisation du biocarburants (ce qui a finalement été décidé dans la logique de ce qui se faisait jusque là).

 

Cette méthode avait pour avantage d’être neutre techniquement puisque jusqu’à un taux de 30%, les moteurs n’ont pas besoin de modification. Dans ce cas, pas besoin de pompes spéciales vertes et pas besoin de voitures spéciales. Toutes les voitures peuvent rouler au carburant vert sans s’en apercevoir et c’est le succès assuré. C’est déjà le cas puisqu’un peu plus de 1% est aujourd’hui présent dans nos carburants. Il suffit que l’Etat le veuille vraiment par la fixation des taux. C’est ce qui a fait dire à Jean Martin Foltz, président de PSA, que l’introduction massive en France de voitures fonctionnant à 85% d’éthanol était stupide.

 

Cette déclaration ‘était pas contre les biocarburants, mais bien au contraire montrait le risque d’échec de cette nouvelle stratégie. Plusieurs questions se posent donc : pourquoi un tel changement de cap ? Ne risque-t-il pas de limiter considérablement la montée en puissance des biocarburants par es fortes contraintes qu’il apporte (voitures spécialisées comme pour le GPL) à l’opposé de ce qui nous est dit ? N’a-t-il pas été décidé sous la pression des sociétés pétrolières pas toujours très favorables (c’est un euphémisme) au développement des biocarburants ? Le ministère du Budget n’y a-t-il pas vu son intérêt, craignant la perte de recettes fiscales importantes en cas d’introduction obligatoire de biocarburants dans les carburants traditionnels ? Pourquoi cibler ainsi l’essence avec l’éthanol alors que l’on sait que nos déficit commercial concerne le diesel que nous achetons pour partie raffiné à l’extérieur et qu’il vaudrait donc mieux pour favoriser notre indépendance industrielle favoriser le biodiesel ?

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions. L’écologie mérite mieux que des pseudo solutions à la marge des enjeux. Arrêtons de faire semblant et engageons-nous sur de vraies solutions. La campagne présidentielle qui s ‘ouvre doit nous permettre de les proposer aux français.

 

 

 

 

 

 

 

Francois grosdidier

FRANCOIS GROSDIDIER Secrétaire général de
Valeur écologie
Député de la Moselle
Maire de Woippy
Président de la fédération
des maires de Moselle

Les menaces qui pèsent sur la santé et l'environnement, le climat et la biodiversité, concernent tous les citoyens et tous les responsables. L'écologie n'est ni de gauche, ni de droite. Les deux plus graves catastrophes écologiques, Tchernobyl et la mer d'Aral, sont le résultat du collectivisme, pas du capitalisme. Cela n'empêche pas les Etats-Unis et et leur modèle d'avoir une responsabilité écrasante dans le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources naturelles. Si l'écologie n'appartient pas à la droite, elle répond cependant à des principes de la droite dont je me revendique:

-la notion de responsabilité, individuelle comme collective, identifiée et assumée et, le cas échéant récompensée ou sanctionnée.

-l'idée conservatrice au sens noble, c'est à dire la conscience du devoir de léguer à nos descendants le patrimoine que nous ont légués nos ascendants.

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