CONVENTION UMP ENVIRONNEMENT 19 OCTOBRE 2005
Dans mes fonctions ministérielles ; j'ai surtout appris une chose : c'est que c'est plus grave que je le pensais c'est que c'est plus grave qu'on le dit Aussi bien en France (climat) qu'au niveau international (forêt amazonienne /forêt indonésienne) La situation est au premier sens du terme critique. Cela veut dire que nous ne pouvons pas continuer à raisonner et à agir comme nous le faisons sans mettre gravement en cause les équilibres. Ce n'est pas une question pour demain, c'est une question pour aujourd'hui. Les conséquences ne sont pas pour dans un siècle ou deux. L'horizon est immédiat. Ce n'est pas être alarmiste que d'affirmer que si nous ne faisons rien, nous allons au désastre. - Face à cela La grande question à laquelle nous avons à répondre n'est pas technique, elle est politique on dit souvent que l'écologie n'est ni de droite, ni de gauche ce que je constate quand on dit : Ecologie de gauche : c'est une gauche qui n'est plus écologiste quand on dit : Ecologie de droite : c'est une droite qui n'est pas encore écologiste Mon souhait c'est que l'écologie soit et de droite et de gauche Il faut construire l'écologie en politique aussi bien à droite qu'à gauche Pour ce qui nous concerne, tentons d'inventer le " et de droite". Malgré l'engagement du Président de la République, ce n'est pas le cas et ce n'est pas notre image. Le terrain de l'écologie n'est pas entré dans la sphère politique. C'est encore considéré chez nous, trop souvent, comme un plus. Or, l'écologie, ce n'est pas une cerise sur le gâteau, un truc pour faire bien, une astuce pour séduire quelque bobo doux rêveur. C'est une nécessité vitale et un devoir démocratique. -J'en tire deux enseignements Il faut arrêter de faire semblant On ne peut pas à la fois - pendant les campagnes électorales, en parler et dire que l'écologie ne doit pas être récupérée par la gauche. Qu'elle n'est pas la propriété de la gauche - Et dès que l'on est au pouvoir n'agir qu'à la marge et combattre les vraies mesures écologiques qui c'est vrai peuvent entraîner des difficultés d'application • L'Ecologie c'est aussi le changement des comportements • L'Ecologie c'est aussi la présence du loup • L' Ecologie c'est aussi la présence de l'ours J'ai souvent entendu dire qu'on peut vivre sans loup, sans ours. C'est vrai, on peut vivre sans tout cela, on peut piller les ressources, refuser l'idée même de quota, pêcher sans contrôle, chasser comme on l'entend. On peut vivre en tarissant les sources, en détruisant la couche d'ozone. On peut vivre? Mais comment vit-on? Et pour combien de temps? Sujets difficiles Quelles sont nos réponses par rapport à ces débats écologiques qui sont de vrais débats de société ? Il faut donc être clair J'ai constaté l'extraordinaire sensibilité de Jacques Chirac à ces questions, son implication et sa crédibilité sur le plan international Toutes choses qui n'ont pas été accompagnées au Parlement et qui pour tout dire ont été combattues La vraie question est : Au-delà du parti auquel nous appartenons, quelle est la position des parlementaires? quel est l'engagement des candidats aux élections législatives? Ce que j'ai entendu le plus dans mes fonctions : "tu as raison mais tu vas nous faire perdre des voix" Comment répondre à cette problématique? On me dit souvent, qu'à trop agir sur le terrain environnemental, on risque de perdre des électeurs; Je suis prêt à démonter le contraire. La préoccupation environnementale est omniprésente. Les catastrophes (tsunamis, ravages climatiques à la Nouvelle Orléans, cyclones, inondations, risques de la grippe aviaire) tous ces problèmes sont débattus et abordés par une masse croissante de la population. Dorénavant l'écologie est débattue au comptoir de café. Ce n'est plus l'apanage de l'élite, c'est une revendication du peuple. J'en ai la conviction, sur le plan politique, céder aux groupe de pression c'est prendre la proie pour l'ombre. C'est à court terme épuiser nos ressources électorales. Dans le même temps où certains prétendent gagner la sympathie des lobbies, des plus irresponsables, à les suivre, nous perdons, dans notre propre électorat des soutiens précieux par ce que nous mettons en cause ce qui fait la grandeur de la politique à ,savoir l'intérêt national. Il faut s'engager sur de vraies solutions Nous n'avons pas le droit, dans nos positions, d'être seulement à la marge compte tenu de l'urgence de la situation 3 mesures essentielles à la base de cette action - Budget du Ministère de l'Ecologie on ne peut se contenter de glaner 10 millions d'euros par ci, 20 millions d'euros par là le budget de l'écologie ne peut pas être, ne doit pas être une variable d'ajustement. Un bon budget des bonnes années, un mauvais les années plus difficiles. Un budget de l'écologie sans cesse corriger des variations saisonnières, c'est une politique non seulement sans ambition mais c'est une démarche suicidaire. objectif minimal ; 1% du budget de l'Etat (c'est le multiplier par 3) - Périmètre du Ministère mettre dans son périmètre l'Energie Ministère n'est pas responsable du développement des Energies renouvelables (Eolienne, Solaire, Biomasse) - Place du Ministère dans la hiérarchie gouvernementale au niveau de la Défense, des Affaires Etrangères, de l'Intérieur Au-delà notre défi : réconcilier Ecologie et Economie Nous défendons une Economie de marché Il faut donc inscrire dans ce système économique des outils qui permettent d'inclure dans le coût des produits le coût de leur impact environnemental Objectif : faire en sorte que les produits plus polluants soient plus chers que les produits moins polluants. Par le biais de la fiscalité écologique, nous pouvons y arriver Nous avons beaucoup fait dans le passé Grandes lois préservation de la nature : de Gaulle 1er Ministère de l'environnement : 1971 Mais aujourd'hui : l'enjeu est là : il faut changer d'échelle il faut changer de rythme C'est ce à quoi, pour ma part je veux travailler Vous l'avez peut être vu dans la presse, j'ai décidé de créer un espace de débat et de création d'idées qui s'appelle "VALEUR ECOLOGIE". Il s'adresse d'abord à vous, membres de la famille UMP, conscients des exigences environnementales. J'espère qu'il nous aidera, qu'il aidera notre mouvement à faire sa révolution écologique.
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